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Archive pour décembre, 2012

Gbagbo, Ouattara ou l’histoire de Mardochée

Gbagbo, Ouattara ou l'histoire de Mardochée dans Gbagbo, Ouattara ou l'histoire de Mardochée gbagbo1

 

 

Bible : Le livre d’Esther

Gbagbo, Ouattara ou l’histoire de Mardochée

 

Le livre d’Esther, un des rares livres de la Bible portant le nom d’une femme, a une particularité : on n’y parle ni d’Israël, ni de Dieu, ni de religion. Les juifs sont là comme groupe ethnique et non comme peuple de Dieu. En raison justement de l’absence de Dieu, il fut considéré avec méfiance par l’Eglise, et Luther estima que, quoique faisant partie du canon  » il mérite plus qu’un autre d’en être retranché « . Docteurs et rabbins ne l’ont d’ailleurs admis que tardivement dans le canon. Pourtant, le livre d’Esther a donné naissance à la fête la plus populaire du judaïsme, Pourim, fête au cours de laquelle le livre, chaque année, est lu publiquement en entier.

 

L’histoire d’Esther se situe en Perse sous le règne du roi Artaxerxès 1er ( Roi Assuérus) (vers 480 avant notre ère). Jean-Paul  Morlay, qui participa à la révision du livre d’Esther dans la nouvelle Bible Second, nous dit :

 

Un certain nombre de détails historiques rendent l’histoire vraisemblable, un certain nombre d’autres la rendent impossible. Il s’agit donc d’un roman historique à portée sociale et spirituelle, davantage que du récit d’un évènement historique.

 

A travers ce  » roman historique « , tentons de faire un portrait de son héroïne. Esther est une jeune orpheline juive exilée à Suse, qui vit chez son oncle et tuteur Mardochée. Sage et belle comme il se doit, elle devient reine de Perse et sauve par son courage et sa grâce son peuple de l’extermination. Belle histoire qui pourrait prendre place parmi les contes de fée de notre enfance, sinon que la méchante fée est ici le méchant conseiller du roi, le pervers Haman. Tout commence d’ailleurs comme un conte de fée : le roi Xerxès a répudié la reine Vasthi, qui lui a publiquement désobéi, et ses conseillers envoient par tout le pays des émissaires pour lui chercher une nouvelle épouse. C’est ainsi qu’Esther entre en scène. A cause de sa grande beauté, elle fait partie des jeunes filles rassemblées à Suse et emmenées au palais royal où elle est préparée pour se rendre chez le roi : pendant six mois on l’apprête avec de l’huile de myrrhe et pendant six mois avec des aromates. Nous sommes en orient.

 

Esther séduit Xerxès par son charme et devient reine. Sur l’ordre de l’oncle Mardochée, elle lui a caché qu’elle était juive. Dans la première partie du livre, elle apparaît comme un simple instrument de Mardochée. Il tire les ficelles. Il la manipule. Elle fait tout ce qu’il lui demande. Chaque jour, il vient aux nouvelles, ou lui apporte des nouvelles de l’extérieur. Ainsi il lui apprend que deux eunuques complotent contre Xerxès et lui demande d’avertir son royal époux. Bien qu’ayant déjoué le complot, Mardochée n’obtient pas de récompense, mais le fait est consigné dans
le grand livre des affaires du royaume.

 

C’est alors que le roi, qui semble bien incapable d’avoir une idée personnelle, s’engoue du méchant Haman et l’élève en dignité si bien que ce dernier devient le deuxième personnage du royaume et que tous doivent se prosterner devant lui. Mais Mardochée le juif refuse. Alors Haman, fou de rage, décide d’exterminer tous les juifs du royaume. Etant donné qu’il lui faut obtenir l’accord du roi, il les présente comme un peuple dangereux qui s’infiltre partout et refuse d’obéir aux lois du pays, et le roi accède à la demande de son vizir. Pour être bien sûr de réussir son coup, Haman tire les sorts (pour) – d’où le nom de la fête juive Pourim – pour connaître le jour favorable au massacre qui doit être général. Mardochée l’apprend ; il se revêt de cendre et d’un saq, selon la
coutume juive, et à la porte du palais commence ses lamentations, mais ce qui est étrange dans ce livre, c’est qu’à aucun moment il n’invoque le Seigneur en prière. Il fait prévenir Esther et lui demande d’intervenir. Pour la première fois, Esther refuse d’obéir. Elle n’a pas vu le roi depuis trente jours et sait que quiconque, homme ou femme, se rend auprès du roi sans y avoir été prié, est
mis à mort. Trente jours sans voir le roi, voilà qui sonne en effet comme une disgrâce. Mardochée insiste et lui fait répondre :

 

Ne t’imagines pas qu’étant dans le palais, à la différence de tous les juifs tu en réchapperas. Car si en cette occasion tu persistes à te taire, soulagement et délivrance surgiront pour les Juifs d’un autre endroit, tandis que toi et ta famille vous serez anéantis. Or qui sait ? Si c’était pour une occasion comme celle-ci que tu es arrivée à la royauté ? (4, 13-14)

 

Alors la belle Esther sort de l’ombre et prend l’initiative. Pas plus que Mardochée, elle ne s’adresse à Dieu. Contrairement aux Hébreux en Egypte, la voix des Juifs dans l’empire
Perse ne s’élève pas vers Dieu pour implorer son aide, et l’omission est d’autant plus surprenante que le décret d’extermination est similaire au décret antérieur du Pharaon de tuer tous les enfants mâles des Hébreux en esclavage. C’est donc dans les mains d’Esther et non de Dieu qu’est le destin du peuple juif. Elle ne reçoit désormais plus d’ordre de Mardochée. C’est elle qui donne
des ordres. D’abord, elle lui fait dire de réunir tous les Juifs de Suse, et de jeûner avec eux pour elle pendant trois jours, sans manger ni boire, tandis qu’elle même jeûnera pendant trois jours avec ses servantes. Puis, bravant l’interdit, elle se rend chez le roi, parée de ses vêtements royaux. Ebloui par sa beauté, Xerxès lui tend son sceptre d’or et lui dit :

 

Qu’est-ce que tu as, Esther, ô reine ? Quelle est ta requête ? Jusqu’à la moitié de mon royaume cela te sera accordé ! (5,3)

 

Esther ne dévoile pas tout de suite son plan. Elle fait donc languir le roi, se contentant de réclamer sa présence, ainsi que celle du méchant Haman, à un banquet qu’elle organisera
pour eux. Puis, elle lui révèle que Haman prépare l’exécution publique de Mardochée, ainsi que le massacre de tous les juifs qui forment, lui dit-elle, le peuple de ses ancêtres. Faisant volte-face, le roi donne la fortune de Haman à Mardochée, fait pendre Haman au gibet que celui-ci avait fait dresser pour Mardochée, et décrète officiellement un jour d’immunité au cours duquel les
Juifs pourront se venger de tous leurs ennemis :

 

Le roi octroie aux Juifs qui sont dans chaque ville de s’unir, de se tenir sur le qui-vive, d’exterminer, de tuer et d’anéantir toute bande armée, d’un peuple ou d’une province, qui les opprimerait, enfants et femmes, et de piller leurs biens, en un seul jour, dans toutes les provinces du roi Xerxès, le 23 du douzième mois, c’est-à-dire  » Adar « . (8,11-12)

 

Esther réclame un second jour, et le roi accède à sa requête. Les Juifs massacrent soixante-quinze mille  » de ceux qui les détestaient « . (9,16)

 

C’est pourquoi les Juifs ruraux, habitant les bourgades rurales, font du 14 du mois d’ ‘’Adar’’ un jour de joie, de banquet, de fête, en s’envoyant mutuellement des portions. (9,19)

Ainsi fut instituée la fête de Pourim, pour célébrer, dit le texte,  » le renversement de situation, le passage du tourment à la joie  » (9,22). Esther avait réussi à enrayer le massacre annoncé de son peuple ; mais la requête d’Esther se termina néanmoins par un bain de sang. En réponse à un massacre écarté, à un génocide conjuré, les Juifs ont répondu par une tuerie joyeuse et aveugle. Massacre fantasmé ou histoire vécue ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que ce contre-massacre est compris comme une délivrance. La fête de Pourim marque la survie du peuple
juif.

 

D’Esther, que pouvons-nous dire si ce n’est qu’après avoir été présentée comme un symbole de douceur, de grâce et d’humilité, elle s’est transformée au fil de l’histoire, sortant de sa
fonction première, en femme audacieuse, et en tigresse avide de sang. Elle est aussi celle qui a transgressé les lois juives, en épousant un étranger ; puis les lois perses, en violant les règles d’accès au roi. Elle est enfin celle qui a menti en dissimulant au roi son identité. Personnage complexe s’il en est, digne d’une tragédie grecque, et on comprend que Racine l’ait prise pour
héroïne d’une de ses tragédies. Ce qui est intéressant, c’est que, dans la tragédie de Racine, Dieu lui-même guide l’action. Comme d’ailleurs dans la version grecque du livre d’Esther. Or ici, Dieu est bel et bien absent. On dirait même que les Juifs l’ont écarté pour un temps.

 

 

Cette histoire de Mardochée dans le livre d’Esther ressemble à l’histoire de Ouattara et de Gbagbo à la CPI. Le méchant, serviteur de l’occident Ouattara joue ici le rôle du méchant Haman. La potence de la CPI qu’il a dressé pour Gbagbo est en train de se retourner contre lui. Le Roi  Xerxès, dans le contexte de la crise ivoirienne est l’occident  faiseur de roi
africain.

 

La bible dit : «  Faisant volte-face, le roi donne la fortune de Haman à Mardochée, fait pendre Haman au gibet que celui-ci avait fait dresser pour Mardochée »

 

 

Vous pourrez lire la version authentique dans le livre d’Esther dans la bible. Version Louis second

Une Publication  de Daniel MEHI

La bible, Léa, Rachel et la Mandragore

La bible, Léa, Rachel et la Mandragore dans La bible, Léa, Rachel et la Mandragore mandragore1

La plante de la Mandragore

 

La bible, Léa, Rachel et la Mandragore

 

Génèse 30 : 14 – 18

 

Ruben sortit au temps de la moisson des blés, et trouva des mandragores dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa: Donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils.

Elle lui répondit: Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les mandragores de mon fils? Et Rachel dit: Eh bien! Il couchera avec toi cette nuit pour les mandragores de ton fils.

Le soir, comme Jacob revenait des champs, Léa sortit à sa rencontre, et dit: C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai acheté pour les mandragores de mon fils. Et il coucha avec elle cette nuit.

Dieu exauça Léa, qui devint enceinte, et enfanta un cinquième fils à Jacob.

Et Léa dit « Le Seigneur m’a récompensée d’avoir donné mon esclave à mon époux. » Et elle lui donna le nom d’Issachar.

 

 

mandragore21 dans La bible, Léa, Rachel et la Mandragore

Racines de la Mandragore en forme humaine

La Mandragore 

Synonymes : Mandragore, Herbe de Circé, Pomme d’Amour, Main-de-Gloire, Homonculus, Anthropomorphon

Nom scientifique : Mandragora officinarum L

 

 Description

La mandragore est une Plante vivace herbacée monoïque monocline (hermaphrodite) des régions méditerranéennes appartenant à la famille des solanacées, voisine de la belladone. Elle est
vivace par un gros rhizome bifide qui rappelle la silhouette d’un homme avec ses bras, ses jambes et son sexe, d’où les noms d’Homonculus et d’Anthropomorphon donnés parfois à la plante. On en dénombre six espèces. La plante est vivace et sans tige.

Cette racine, brune à l’extérieur, blanche à l’intérieur, est du type pivotant, souvent lignifiée et peut atteindre après plusieurs années des dimensions impressionnantes (jusqu’à 60 à 80 centimètres et plusieurs kilogrammes). La partie aérienne est une tige très courte avec une rosette de feuilles ovales (elle ressemble à une laitue). Les fleurs sont solitaires, avec un pédoncule court, de couleur blanc-verdâtre ou violet pâle. Elles disposent de 5 gamopétales (pétales unis entre eux) et sont tetracycliques (présentant quatre verticilles de pièces florales : calice, corolle, androcée et gynécée). Ces fleurs sont superovariées (l’ovaire est supère, c’est à dire placée au-dessus de l’insertion des pétales et sépales) et monoclines (c’est-à-dire munie à la fois d’un androcée et d’un gynécée, par opposition aux fleurs unisexuées)

Le fruit est une baie jaune orangé de quelques centimètres.

On parlait autrefois de racines « mâles » et « femelles » mais cela n’a aucun sens sur le plan botanique, les pieds étant tous monoïques et produisant tous des fruits.

La mandragore a une composition en principes actifs comparable à celle des solanacées officinales (Belladone, Datura, Jusquiame) : elle renferme environ 0,4 % d’alcaloïdes totaux, dont les principaux sont la scopolamine (premier sérum de vérité), l’hyociamine et l’atropine. En théorie, ces molécules peuvent être à l’origine d’une intoxication mortelle.

La Mandragore Officinale est devenue, au fil des années, tellement mystérieuse dans le folklore, qu’elle a été par la suite considérée non seulement comme la plus puissante mais également comme la plus dangereuse de toutes les herbes magiques. Elle représente tout ce qui est mystérieux et attirant dans le monde étrange des plantes.

Les espèces de Mandragore qui contiennent des alcaloïdes scopolamine et hyociamine, étaient à l’origine indigènes et se trouvaient également autour de la méditerranée orientale. Elle est toujours très commune dans les terres en friche non cultivées ainsi que dans les endroits rocheux et inhabités.

Les mandragores répandent leur parfum, Et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, nouveaux et anciens

L’article détaillé que nous publions, permettra de mieux comprendre les deux textes ci-dessus.

 

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scène de déracinement de la mandragore

 

La racine de la mandragore

Tubérisée, bifurquée et fourchue, est la cause de beaucoup de légendes. Elle peut avoir la forme d’une grande carotte ou être anthropomorphe (racine divisée ayant une ressemblance avec un corps humain). Selon la légende, il était dangereux de déterrer la racine de la mandragore parce qu’elle poussait un cri si puissant qu’elle pouvait tuer la personne qui tentait de la déterrer. C’était alors un chien attaché à la plante qui se chargeait de la déterrer. D’ailleurs selon les croyances, il en mourrait la plupart du temps. On utilisait les racines de la mandragore principalement en sorcellerie pour des prédictions, des guérisons… On l’utilisait d’ailleurs pour guérir de la folie. La racine est une rave impressionnante, brune á l’extérieur, blanche á l’intérieur. D’une taille pouvant atteindre 60 á 80 cm, elle peut peser plusieurs kilos.

Les feuilles de la mandragore

Sans tiges et à feuilles grandes et ovales qui dégagent une odeur forte.

Les fleurs de la mandragore

Les fleurs d’automne sont blanches ou mauves, violacées. Les fleurs en grappe sont d’un blanc verdâtre, bleutées ou pourpres suivant les espèces.

Les fruits

Parfumés, baies jaunes ou rouges de 3 à 4 cm de diamètre qui réémettent la lumière blanche…. Appelés ‘’Pommes d’amour, » ils étaient les pommes dorées d’Aphrodite. Les fruits
peuvent être consommés séchés Vertus: sédative, antispasmodique, anti-inflammatoire (en cataplasme), hypnotique et hallucinogène.

 

Vertus magiques

Autrefois, on attribuait une valeur magique à la mandragore (vertu prolifique) et on l’utilisait en sorcellerie. La mandragore était utilisée pour ses vertus magiques. On s’en servait, entre autres, pour la conception des philtres d’amour. Elle présenterait également des propriétés aphrodisiaques qui lui confèrent une vertu fertilisante. Son absorption provoque une narcose suivie d’hallucinations. On comprend pourquoi les sorcières pensaient s’envoler sur leur balai et voir des créatures diaboliques le jour du sabbat! Mais ses vertus soporifiques, analgésiques et sédatives sont reconnues. La mandragore, comme la belladone ou la jusquiame est une plante de « sorcière. » Les puissants effets narcotiques de la mandragore et sa racine ayant parfois la forme d’un être humain, lui confère ses propriétés magiques. Cette plante est devenue très rare, même dans son pays d’origine. De nos jours, cette plante est peu courante, un mythe pour beaucoup. Mais de
l’antiquité jusqu’à la renaissance, la Mandragore était crainte et respectée. Les Grecs la nommèrent « plante de Circée la magicienne. » Symbole de fécondité, Mais pour se procurer la racine de Mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la Mandragore sans précaution, s’il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction. Les vieilles plantes  de la mandragore s’enfoncent profondément dans la terre (plus d’un mètre) d’où la difficulté de les arracher.

 

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scène de déracinment de la mandragore

Usages traditionnels :

Les baies de la mandragore étaient appelées « Pomme du diable, » ou pomme d’amour, en raison des rêves érotiques qu’elle provoquait. En effet, la scopolamine contenue dans la plante est un narcotique qui provoque un sommeil plein de rêves précédé d’une phase d’excitation.

Dans la traduction du Bestiaire d’Oxford (manuscrit du Moyen Age) la Mandragore serait « l’arbre de la connaissance » dont Adam et Eve mangèrent le fruit…

Propriétés pharmacologiques:

Mises en garde:

La mandragore est une plante toxique, et il en faut peu pour ressentir ses puissants effets narcotiques pouvant être très éprouvants. La plante est riche en alcaloïdes (délirogènes). Ces substances parasympathologiques entraînent notamment une mydriase et une narcose. Il s’agit d’atropine, de scopolamine et surtout d’hyociamine. Longtemps controversée pour sa spécificité, la mandragorine semble être en réalité une association des substances précédentes. En théorie, ces molécules peuvent être á l’origine d’une intoxication mortelle.

 

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scène de rituels de déracinement de la mandragore

 

Histoire et légendes

La forme caractéristique de sa racine qui rappelle celle d’un homme lui a valu une réputation d’herbe magique et fait l’objet, essentiellement au Moyen Âge (de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance), d’un culte macabre, d’ailleurs interdit par l’Église. On la nomme alors demi-homme ou homme-planté et on prétend qu’elle pousse un cri d’agonie quand on la déterre pour la cueillir.
Les précautions lors de la cueillette sont classiquement énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541) dont il existe diverses variantes décrites, mais figurent dans des manuscrits plus anciens, tels que ceux de Josèphe (37 à 90) ou Théophraste. Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution,
s’il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction…

Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu’ils se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées car on les disait fécondées par le sperme des pendus, leur apportant vitalité, mais celles des places de supplice ou de crémation faisaient aussi parfaitement l’affaire. Des « prêtres » traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies. Une jeune fille était placée à côté de la plante pour lui tenir compagnie. On passait également une corde autour de la racine et on attachait l’autre extrémité au cou d’un chien noir affamé que l’on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu’en tirant sur la corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal et l’homme non éloigné aux
oreilles non bouchées de cire. La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou Homonculus. Ainsi choyée, elle restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité. Elle était vendue très chère en raison du risque à la cueillette, et ce d’autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la présence de touffes judicieusement disposées.

 

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Scène de déracinement de la mandragore

 

La mandragore est connue depuis fort longtemps, originaire de Syrie on la retrouve dans les pays du bassin méditerranéen, mais aussi en Egypte.

Elle est connue des Anciens et elle est signalée dans de nombreux écrits, les Hébreux et les Chaldéens l’utilisaient à des fins criminelles. On prétend que Hannibal pendant la guerre avec les Africains fit semblant d’abandonner son campement en laissant sur place des amphores pleines de vin où macéraient des racines de mandragore. Hannibal revint ensuite pour achever les soldats ennemis intoxiqués par le vin à la mandragore dans l’incapacité de se défendre.

Ses propriétés hallucinogènes et narcotiques furent largement utilisées en médecine antique et en sorcellerie, soit comme anesthésiant pour pratiquer des interventions, soit comme ingrédient pour la confection de philtres magiques.

 

Source : Bibliothèque Nationale de Naples – Italie

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